Voyager
- Luca Gandola
- 25 avr. 2021
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 13 sept. 2021
On a rencontré Vittorio de Seta, ici à Palerme. Pas physiquement, c'est sûr. Mais certaines coïncidences nous ont rapproché de son travail documentaire.
Comme une vague, donc, "Lu tempi di li pisci spada", nous est rentré dedans. C'est un court-métrage de 1954 qui, sur pellicule 35mm et couleurs, suit la course poursuite d'une pèche à l'espadon au large du détroit de Messine.

D'autres coïncidences, comme la rencontre fortuite avec un réalisateur palermitain, nous ont poussé à approfondir son travail. On a alors continué: "Isole di fuoco" (1954), "Sulfarara" (1955), "Pasqua in Sicilia" (1955); un après l'autre, comme on regarde un album de photographies.
Hormis le plaisir d'imaginer les difficultés techniques dépassées par De Seta, ces films-là nous ont enchanté, inspiré pour leur coté immersif: pour la place dans laquelle - en tant que spectateurs - le réalisateur nous met.
Les scènes tournées racontent d'une Italie du Sud pas encore caricaturée ni folklorisée par le tourisme de masse. Elles éduquent à une certaine manière de regarder, à un certain type de participation qui fait -nous trouvons- d'une vidéo, un documentaire.
Elles nous ont remué, et poussé à nous interroger sur ce qui signifie la découverte (pour l'adapter à notre cas, le voyage).
Durant un entretien en 2008, Vittorio De Seta déclare:
« [...] quelques fois tu pars...t'as pas un plan. Je me rappelle: mes sujets rentraient dans une page [...] je les actualisais et éditais en route. ».
Il raconte sa manière de se placer face au nouveau, basée sur l'ouverture, l'écoute, et montre la capacité du cinéma documentaire à garder traces de ces rencontres.
Dans le même entretien, il ajoute:
« L'objectif: abandonner sa vision présomptueuse de la vie et s'immerger dans ce que tu trouves.T'y mets toujours quelque chose (à toi) [...], t'y es, tu interviens, mais toujours de façon complémentaire. »
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