top of page

Des frontières à la dérive

  • chrlierlu
  • 30 mai 2021
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 juin 2021


ree


Tout en évoluant dans le temps et l’espace de Girasoli Onlus, je lis ce livre amené depuis Marseille: « Méditerranée: des frontières à la dérives », de l'édition Le passager clandestin. Celui-ci se concentre sur les espaces frontaliers maritimes et tente d’expliquer pourquoi certains lieux sont devenus emblématiques des migrations vers l’Europe. C’est le cas de Lampedusa par exemple, cette petite île au Sud de la Sicile citée dans des textes, articles, livres, montrée en photo, en vidéo, en film, utilisée d’un extrême à l’autre pour défendre n’importe quelle opinion sur « l’arrivée des migrants » (je cite une première de couverture vue chez le libraire aujourd’hui). On pourrait en citer d’autres: Malte, Trapani, Messina, Pozzalo, Lesbos, Chios, …


Selon le livre, ces lieux ne sont pas devenus incontournables seulement parce qu’ils sont sur les routes migratoires. Ils le sont devenus à cause de décisions politiques européennes et nationales qui ont choisit l’intensification des frontières au sud de l’Europe. Les pays ont prit en charge le contrôle des mouvements: centre de tri et d’identification, centre de premiers accueils, centre de rétention (tout un tas de lieux qui donnent le droit ou non de : circuler, de (sur)vivre, de planifier, d’évoluer)… C’est la logique « hotspots ».


Les personnes rescapées en mer sont presque obligatoirement amenées vers ces lieux, créant ainsi des rassemblements conséquents dans des espaces parfois petits et à la densité de population faible, comme à Lampedusa. Ces rapatriement sont l’occasion de photos bien connues - des bateaux remplis de personnes - et sont utilisées pour faire peur: « c’est une invasion », « les arrivées sont disproportionnées », « elles sont ingérables ».


Dans ces lieux, les personnes attendent. Elles attendent longtemps, voire très longtemps, avant que des décisions les concernant ne tombent (transferts, autorisations, refus, recours, expulsions…). Les délais administratifs ne sont presque jamais respectés, et les centres saturent, ce qui crée souvent de l’animosité, de la violence, et du mécontentement. Pendant ce temps, il y a souvent des familles ou des amis déjà installés dans des villes européennes qui elles aussi attendent.



« Pourquoi tout ça ? », me demandait aujourd’hui Ebraima, en mangeant les pâtes à la sauce tomate de Graziana. « Pourquoi si tu veux venir chez moi en Gambie, toi tu peux avoir un visa facilement. Et pas moi, qui doit affronter toutes ces étapes avant de pouvoir venir chez toi. En plus on nous accuse de venir de manière illégale, mais explique-moi comment je peux me déplacer autrement ».





--

« Tout individu a le droit à la vie, à la liberté, et à la sûreté de sa personne. »

« Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat. »


Articles 3 et 13 de la Déclaration des droits de l'homme (1948).



 
 
 

Commentaires


bottom of page